À l’issue des élections sénatoriales de ce dimanche 27 Septembre, les grands électeurs tarnais ont largement redonné leur confiance aux deux sénateurs centristes sortants, Marie-Lise HOUSSEAU et Philippe FOLLIOT. Obtenant respectivement 495 et 453 voix, ils rempilent pour un nouveau mandat de six ans.


Assez peu suivies du grand public, les sénatoriales sont pourtant essentielles dans le bon fonctionnement de notre république. Les 348 sénateurs, élus par moitié tous les trois ans, siègent pour une durée de six ans. Formant avec l’Assemblée nationale l’une des deux chambres du Parlement, le Sénat joue un rôle législatif, participe au contrôle du Gouvernement et assure une représentation des collectivités territoriales. Par ailleurs, et ce contrairement aux députés, les sénateurs ne peuvent pas être soumis à une dissolution. Rappelons au passage qu’en cas de décès ou de démission du président de la République, l’intérim serait assuré par le président du Sénat. Actuellement, ce poste est occupé par M. Gérard LARCHER. L’élection du président du Sénat est renouvelée à la suite de chaque sénatoriale, soit tous les trois ans. La prochaine aura lieu jeudi 1er octobre.

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Le centre rempile dans le Tarn

Il était 8h ce dimanche lorsqu’aux abords des grilles de la préfecture d’Albi sont arrivés, par petits groupes, les « grands électeurs » tarnais. Majoritairement issus des conseils municipaux, ces électeurs, venus de tout le département, se sont réunis afin d’élire les deux sénateurs qui représenteront le Tarn au Palais du Luxembourg pour les six prochaines années. Les 11 candidats et leurs suppléants (impérativement de sexe opposé) étaient également présents. Les mains se serrent, les sourires s’échangent et les bises fusent ; ici, tout le monde semble se connaître. Le premier tour s’est déroulé de 8h30 à 11h, au sein des quatre bureaux de vote minutieusement agencés dans les locaux de la préfecture. Y ont défilé 1142 des 1153 électeurs. Rappelons que le vote est obligatoire pour les membres du collège électoral sénatorial et que les absences doivent être justifiées.

Un des quatre bureaux de vote installés dans les locaux de la préfecture d’Albi. // IM VMB

Un premier tour sans majorité absolue

Les résultats du premier tour ont été annoncés peu avant 13h. Les deux centristes sortants, M. FOLLIOT et Mme HOUSSEAU, sont arrivés en tête avec respectivement 381 voix et 362 voix. Suivis par Mme CLAVERIE Élisabeth (PS) avec 260 voix, M. CARAYON Bernard (UDR) avec 226 voix, Mme ROQUES-ÉTIENNE Muriel (divers centre) avec 197 voix, M. SENES Pierre-Marie (divers droite) avec 171 voix et M. BACOU Julien (RN) avec 166 voix. Les autres candidats ayant quant à eux obtenu moins de 80 voix. Personne n’ayant obtenu de majorité absolue (contrairement à ce qui fut le cas en 2020 avec M. Philippe BONNECARRERE et sa suppléante, Mme Marie-Lise HOUSSEAU), un second tour s’est déroulé dans l’après-midi, entre 15h30 et 17h30. Ce qui laissa deux heures aux candidats afin d’échanger sur les éventuels retraits de la course. Notons qu’un second tour ne peut avoir lieu que dans les circonscriptions qui comptent entre un et deux sièges au Sénat. Pour les autres, les élections se déroulent en un tour au scrutin proportionnel.

Mme Marie-Lise HOUSSEAU, une des deux vainqueurs des sénatoriales de ce dimanche, passant les portes de la préfecture. // IM VMB

Parmi les candidats ayant obtenu plus de 80 voix (ceux précédemment cités), seul M. BACOU (RN) n’a pas déposé sa candidature au second tour, laissant le champ libre à M. CARAYON (UDR), qui ne profitera que de 54 voix supplémentaires. Les deux favoris, Mme HOUSSEAU et M. FOLLIOT, qui dans l’hémicycle siègent ensemble au groupe Union centriste, ont largement devancé les autres candidats, avec respectivement 495 et 453 voix. Les voilà ainsi reconduits pour six années supplémentaires au Palais du Luxembourg.

Une avancée relative mais symbolique du RN et de LFI

Si le Sénat a toujours été à droite (hormis une courte parenthèse de trois ans entre 2011 et 2014) jamais l’extrême droite n’avait réalisé une véritable percée leur permettant de former un groupe (qui nécessite au minimum 10 membres). Le scrutin de dimanche a en effet offert 12 sièges au RN et à ses alliés de l’UDR (ainsi qu’à M. MOUGENOT, étiqueté « divers droite » mais proche du RN), auxquels s’ajoutent les trois remportés aux élections de 2023. Ainsi, un groupe d’extrême droite de 15 sénateurs naîtra sûrement très prochainement à la chambre des sages. De l’autre côté de l’hémicycle, LFI réalise une entrée, certes incomparable mais tout de même historique, avec M. Gabriel AMARD, premier et unique sénateur insoumis – bien que le parti revendique aussi la victoire de M. Marc PERE (à la tête d’une liste mixte). De leur côté, les écologistes et le PS conservent l’essentiel de leurs sièges respectifs.

Ainsi, outre l’entrée de LFI dans l’hémicycle, le véritable chamboulement semble être la création d’un groupe RN-UDR. Bien qu’indiscutable, leur percée reste bien en deçà de celle réalisée aux européennes et aux législatives. Rien de surprenant au regard du mode de scrutin, qui nécessite un fort enracinement local. Cet enracinement, objectif des municipales de mars, va certes désormais permettre au parti de constituer un groupe au Sénat mais reste encore trop limité pour leur offrir une victoire de grande ampleur. Pareil au parti de M. MELANCHON, celui de Mme LE PEN obtient ainsi des résultats nettement plus modestes lors de scrutins indirects où la confiance des élus locaux joue un rôle décisif.


Par Valentin Mena Belbecir — Actu locale