Le festival de cinéma espagnol et portugais a lancé ce weekend sa 31ème édition. Du 2 au 11 octobre, des dizaines de films sont à voir ou à revoir, entrecoupés de concerts, de rencontres et de tables rondes Parmi les invités, le réalisateur Jonás Trueba et l’actrice Carmen Maura sont à l’honneur cette année.


Affiche de la 31ᵉ édition du festival Cinespaña

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La 31ᵉ édition du festival toulousain Cinespaña a débuté le week-end dernier. Officiellement, l’ouverture du festival a eu lieu le vendredi soir avec La Bola Negra (2026, Javier Calvi et Javier Ambrossi). Toutefois, la véritable ambiance s’est faite sentir à partir du lendemain. Dès 10h, les festivaliers ont pu déambuler des salles de la Cinémathèque de la rue du Taur à celle du Cratère, dans le quartier Saint-Michel, en passant par la place Wilson et son imposant Pathé, au cours d’une journée sous l’égide des Trueba, père et fils - même si la mère, productrice, n’était jamais très loin.

Récompensé par une Violette d’honneur, le cinéaste Jonás Trueba nous a fait l’honneur de sa présence à l’occasion de la projection de trois de ses films durant ce week-end. De plus, samedi soir, il a fait l’objet d’une séance d’échanges avec le public à propos de son œuvre et plus largement sur son rapport au cinéma. Enfin, le festival lui a accordé une carte blanche, pour laquelle il a choisi le second long-métrage de son père, restauré il y a peu, Chicho o Mientras el Cuerpo Aguante (Fernando Trueba, 1982). Également présent, Trueba père clôtura la soirée en répondant à une série de questions du public venu nombreux.

Les réalisateurs Jonás et Fernando Trueba, samedi 3 octobre au soir, lors de la projection de Chicho o Mientras el Cuerpo Aguante (Fernando Trueba, 1982).

À Jonás Trueba succèdera dès vendredi prochain (le 9 octobre) la seconde lauréate de la Violette d’honneur : l’actrice Carmen Maura. Connue en France principalement à travers ses multiples rôles dans les films de Pedro Almodovar - La loi du désir (1987), Femme au bord de la crise de nerfs (1988) ou encore Volver (2006) -, alors même qu’elle a connu et continue de connaître une carrière riche au-delà de ses collaborations avec le cinéaste manchego, l’actrice fera elle aussi l’objet d’une rencontre, qui aura lieu ce vendredi à 19h30 au Pathé-Wilson. L’occasion de l’entendre s’exprimer sur sa carrière et sur la place qu’elle a occupée dans le cinéma espagnol post-franquiste.

Au-delà des violettes d’honneur (l’équivalent du César d’honneur), le festival dispose d’un Jury Fiction, qui décerne entre autres la « Violette d’or », d’un jury Documentaire, qui décerne le « Prix José-María Berzosa », ainsi que d’un Jury Étudiant, qui décerne le « Prix étudiant nouveaux·elles cinéastes ». Certains films sont également soumis au vote du public

Bien que le festival prenne de l’ampleur, Cinespaña conserve son caractère chaleureux et sa dimension humaine. De nombreuses personnes, venues parfois de loin, s’y retrouvent chaque année. Entre deux films, elles partagent, entre elles ou en compagnie des invités du festival (producteur·rice, acteur·rice, réalisateur·ice), un café ou une bière, dans la cour de la Cinémathèque, véritable épicentre de l’événement. Car Cinespaña, ce sont avant tout des rencontres et des échanges, en français, en espagnol, en basque ou en catalan, des projections de documentaires et de fictions, en salle ou en plein air, des concerts, et par-dessus tout des spectateurs et spectatrices affamés de septième art, servis par une équipe de bénévoles à l’enthousiasme inébranlable.


Par Valentin Mena Belbecir